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Absolut(ely) Absalon: Incontesté et Incontestable

8. décembre 2016 — TeamSpirit
TeamSpirit

Pas besoin de faire les présentations, vous connaissez tous Julien Absalon. Pourtant, c’est un champion discret, plus à l’aise sur le vélo que devant les caméras. Son palmarès parle d’ailleurs bien plus que de nombreux discours. A la veille de ce qui sera son avant-dernière saison internationale qui débute à Nove Mesto, nous avons rencontré le leader de la BMC MTB Racing Team pour faire le point sur les grands moments - passés et à venir - de sa carrière.

Julien, voilà maintenant près de vingt ans que tu trustes les podiums. Nous nous sommes permis de revenir en images sur les grands moments (bons et moins bons) de ta carrière. Peux-tu nous en parler ?

Mont-Sainte-Anne 1998 – Le déclic

Première expérience mondiale et premier maillot arc-en-ciel

 Je deviens Champion du Monde Junior quelques semaines après avoir remporté les Championnats d’Europe. Là je me dis « Je peux peut-être faire une carrière ». Je n’avais jamais envisagé avant ça de devenir professionnel. J’ai commencé le vélo assez tard mais tout est venu à moi très vite, très naturellement. Mes parents n’étaient pas du tout du milieu, je n’y connaissais rien non plus. Après quelques mois de pratique seulement, je fais 4 des Championnats de France. S’enchaînent alors pas mal de podiums au niveau national mais jamais la plus haute marche. D’ailleurs je n’ai pas été sélectionné pour les Championnats du Monde 1997 (1ère année Junior). Par contre, j’ai remporté la Coupe de France au Roc d’Azur cette année-là et l’année suivante, en 1998, j’ai tout gagné!

Au Mont-Sainte-Anne, j’ai fait une super course, j’ai bien maîtrisé de bout en bout. Je termine devant Ryder Hesjedal mais pour être honnête je ne me rappelle pas bien de la course en elle-même.

J’ai continué mes études jusqu’en 2000 puis je suis passé professionnel chez Bianchi en 2001.

Durango 2001 – Première victoire en Coupe du Monde

J’étais en deuxième année Espoir. C’était un peu une surprise car je commençais à m’approcher du top 5 mais je n’avais encore jamais fait de podium ni de top 5. La chance m’a souri. Roland Green qui archi-dominait a crevé deux ou trois fois. Je l’ai donc doublé deux ou trois fois et à chaque fois il revenait. J’étais en deuxième position dans le dernier tour mais Cadel Evans a crevé dans la dernière descente et je le passe à 400m de la ligne. Un peu de réussite donc et une totale surprise.

Athens 2004 – Jour de Grâce

Je n’étais pas ultra-favori. Je faisais plutôt partie des outsiders pour une éventuelle médaille. C’était un jour de grâce. J’ai fait une super course, j’étais comme sur un nuage et je décroche l’or olympique.

Malgré le fait que c’était mes premiers jours, plus la date s’approchait, plus j’étais serein et plus j’avais envie d’y aller. Rien ne pouvait m’arriver. J’étais comme programmé pour gagner ce jour-là, tellement d’ailleurs que je n’ai quasi aucun souvenir de la course. On a très peu de jours comme ça dans une carrière, deux ou trois maximum. Là c’était la première fois.

Les Gets 2004 – Sur la lancée des Jeux Olympiques

Casque et chaussures en or pour le nouvel homme en or

Cédric Ravanel (argent), Julien Absalon (or) et Thomas Frischknecht (bronze)

Je n’étais pas encore descendu de mon petit nuage. J’arrive aux Gets en mode vacances et décompression. Trois jours avant la course, je faisais d’ailleurs un barbecue avec Cédric Gracia et Max Commençal. C’est mon entraîneur qui m’a remis dedans. Il m’a dit « Tu avais la forme il y 15 jours, elle ne s’est pas envolée ! ». La veille de la course, j’ai entendu la Marseillaise pour Fabien Barel (il remportait le titre mondial en Descente) et la nuit, j’ai entendu la pluie tomber. Le matin, j’étais en mode guerrier !

J’ai pris des risques au niveau matériel : j’ai mis des pneus boue avec quasiment rien dedans. Au sommet de la première bosse, je n’étais pas trop mal et dans la descente j’ai repassé tout le monde. J’arrive en bas avec 30-40’’ d’avance. On me rattrapait dans la bosse mais je faisais la différence dans la descente et au final c’est là que je gagne la course. Je deviens donc Champion du Monde alors que trois jours avant je ne pensais même pas à courir pour le titre.

Le podium restera gravé dans ma mémoire puisque Thomas Frischknecht termine troisième, il était la référence quand j’ai commencé et quelqu’un que j’admirais vraiment, et mon pote Cédric Ravanel qui fait deux. C’était donc un super podium et puis gagner son premier Championnat du Monde Elite chez moi, en France, c’était énorme.

2005-2007 - Absalon n°1

Livigno 2005: Christoph Sauser (argent), Julien Absalon (or) et José Antonio Hermida (bronze)

Rotorua 2006: Christoph Sauser (argent), Julien Absalon (or) et Fredrik Kessiakoff (bronze)

Fort William 2007: Ralph Näf (argent), Julien Absalon (or) et Florian Vogel (bronze)

Val di Sole 2008 – La fin d’une domination écrasante

Grosse défaillance là-bas! Mais ça a finalement été bénéfique puisque sans cette défaillance peut-être que je ne serais pas devenu Champion Olympique un mois plus tard. Contrairement à Athènes, j’étais rentré dans une spirale où le stress et l’enjeu avaient pris le pas sur l’envie et la passion. Ca n’allait pas et me prendre cette grande claque m’a vraiment fait du bien. Ça m’a fait tout remettre en question.

Un mois plus tard, j’arrivais à Pékin avec un tout autre état d’esprit et ça m’a permis de gagner. J’ai réussi à rééquilibrer les choses. Au fil des années, c’était devenu logique que je gagne et quand je faisais deux les gens disais « Absalon a perdu, Absalon est battu » et au fur et à mesure cette pression est devenue trop difficile à supporter. Après Val di Sole, la pression s’est envolée ; je n’étais plus Champion du Monde.

Beijing 2008 – Le doublé

Je suis finalement arrivé avec l’envie de me faire plaisir et de profiter au maximum de mes deuxièmes Jeux Olympiques.

Les standards de course avaient beaucoup changé par rapport à Athènes. C’était plus difficile de faire la différence. On m’ attendait beaucoup là-bas puisque j’étais le champion en titre. Super journée, super gestion de course. Mon second titre a été une consécration et une confirmation à la fois. Faire le doublé, c’était top.

C’est là aussi qu’on a découvert le jeune Nino Schurter qui allait par la suite me donner du fil à retordre.

Canberra 2009 – Défaite au sprint, la première d’une longue série

A Canberra on a découvert une nouvelle façon de courir. Jusque-là, les arrivées au sprint et les courses tactiques n’existaient pas. Là-bas, la course a été très tactique avec plusieurs Suisses contre moi, beaucoup de vent, un parcours plus roulant. C’était impossible de me défaire de Nino et il me bat au sprint. Ça a été très dur à digérer. Se faire battre passe encore mais se faire battre au sprint aux Championnats du Monde, c’est dur !

Canberra 2009: Julien Absalon (argent), Nino Schurter (or) et Florian Vogel (bronze)

Après ça, il y a eu toute une série de courses perdues au sprint face à lui. Il jouait malin car il a vite compris qu’il était plus vite au sprint. Avec l’expérience, il a commencé à prendre les choses en main et assumer le rôle de patron. J’avais du mal à trouver la solution face à Nino et ai alors commencé à développer un complexe d’infériorité. On a alors beaucoup dit que c’en était fini d’Absalon alors que je ne suis passé que de premier à deuxième mondial !

Perdre une place au classement mondial passait encore. Le plus difficile a été quand je me suis trouvé au départ de la Coupe du Monde de Nove Mesto na Morave avec la plaque numéro 12. C’était après les Jeux de Londres 2012 et un enchaînement de mauvaises courses abandonnées qui m’ont faire perdre beaucoup de points. Ca m’a porté un sacré coup au moral !

Londres 2012 – La désillusion

C’est clairement la plus grosse désillusion et déception de ma carrière. J’avais préparé cette course comme jamais, je suis arrivé là-bas en super forme et je n’ai pas pu défendre mes chances à cause d’une crevaison lente. Un incident mécanique sur des Championnats du Monde c’est une chose mais sur des Jeux Olympiques, c’est vraiment dur à avaler. Je ne saurai jamais ce qui aurait pu se passer ce jour-là si…

La meilleure façon de tourner la page a pour moi été de me projeter vers l’avenir. Mais ça a été dur.

En 2013, le changement d’équipe m’a fait un grand bien. Après six belles années chez Orbea, le fait de changer de matériel, d’environnement, de personnes m’a apporté une motivation supplémentaire et nécessaire.

2014 – Grand chelem

Victoires aux Coupes du Monde de Pietermaritzburg, Cairns et Albstadt

Sur la ligne de départ de la finale de la Coupe du Monde à Méribel

BMC MTB Racing Team, meilleure équipe de la Coupe du Monde

Championnats d'Europe à Sankt Wendel: Fabian Giger (argent), Julien Absalon (or) et Jan Skarnitzl (bronze)

L’année dernière, je gagne tout : les trois Championnats (de France, d’Europe et du Monde), trois Coupes du Monde et le classement général. J’avais certes des ambitions pour 2014 mais si on m’avait prédit tout ça en début de saison, je n’y aurais pas cru.

Je suis arrivé à Hafjell détendu et c’est souvent comme ça que ça sourit

J’ai voulu faire un gros début de saison puisque mon épouse était enceinte. On ne sait jamais ce qui peut se passer en fin de grossesse ou en début de vie d’un deuxième enfant alors j’ai voulu prendre les devants et être particulièrement présent en début de saison. J’ai donc gagné les deux premières manches de la Coupe du Monde à Pietermaritzburg et à Cairns. Après, je ne devais pas forcément aller en Amérique du Nord mais j’y suis allé et tout s’est bien passé puisque j’y consolide mon maillot de leader de la Coupe du Monde.

La Coupe du Monde en poche, je suis arrivé à Hafjell détendu et c’est souvent comme ça que ça sourit.

Et maintenant?

Arrive maintenant la saison 2015, ton avant-dernière ?

Certainement, oui.

Quels sont tes objectifs pour cette nouvelle saison ?

C’est une saison pré-olympique, on pense déjà tous aux Jeux de Rio. Je vais tenter de retrouver le niveau de l’an passé et de faire la même saison : gagner quelques Coupes du Monde et les Championnats de France, d’Europe et du Monde. La forme tarde un petit peu car j’ai eu quelques soucis d’allergie il y a quelques semaines. La saison est particulière, elle commende tard – ce qui m’arrange – par contre il faudra rester frais tout l’été car il n’y aura pas de pause.

La Coupe du Monde débute dans quelques jours à Nove Mesto na Morave, une course qui ne t’a pas encore réussi.

Je mise plus sur Albstadt

J’adore rouler là-bas à l’entrainement, le circuit est très plaisant, mais c’est vrai que j’y ai souvent eu des résultats en deçà de mes attentes. J’aime ce circuit mais il ne convient pas totalement à mes qualités. Je m’éclate beaucoup moins à l’entrainement à Albstadt mais c’est plus mon type de circuit avec de la pente raide et plutôt longue. Je mise donc plus sur Albstadt !

Ce serait alors ta 30ème victoire en Coupe du Monde…!

Peut-être, je ne sais pas exactement… Ce n’est en tous cas pas un but ultime.

Savoir que tu pars pour tes deux dernières saisons te met-il plus ou moins de pression?

Un peu les deux à la fois. Parfois je me dis que je n’ai plus que deux saisons et qu’il faut vraiment aller chercher les victoires et parfois je me dis que je n’ai plus rien à prouver et qu’il faut profiter au maximum de celles-ci et de cette dernière préparation olympique. Dans tous les cas, l’expérience fait que la gestion des événements est plus facile. Les Jeux de Rio seront mes quatrièmes, je sais clairement mieux aborder une telle échéance.

A ce propos, comment appréhendes-tu ces Jeux ? Connais-tu Rio ?

Je ne suis allé qu’une fois à Rio, en 2004 pour un évènement multisport RedBull. La fête était super ! (rires)

Je connais donc un peu Rio mais ça ne change pas vraiment les choses que ce soit là-bas ou ailleurs. Ce qu’on attend tous c’est de découvrir le parcours. Pour l’instant, on n’a vu qu’une vue aérienne de la colline qu’on peut presque considérer comme une petite montagne. Contrairement à Londres, il ne devrait pas être difficile d’avoir un certain dénivelé mais tout dépendra du caractère que les organisateurs voudront donner au parcours. J’espère qu’on y donnera une vraie image du VTT. Londres était sympa à rouler mais les gens qui ont regardé l’épreuve n’ont pas pu s’identifier à notre pratique car il n’y avait rien de naturel. Les obstacles artificiels sont nécessaires pour le spectacle mais sont trop éloignés de la pratique habituelle.

Pour moi, un très grand parcours doit être une excellente combinaison d’obstacles naturels et artificiels.

Et après Rio ?

Tu as dit haut et fort que tu ne ferais jamais de route mais est-ce qu’on te verra un jour…

…au départ de la Cape Epic ?

Non ! Trop long, six heures de VTT par jour ne me fait pas envie. J’aime les efforts explosifs, le pilotage et je m’ennuie trop vite pour faire du marathon.

Tu ne seras donc pas de nouveau au départ des Championnats du Monde Marathon (DNF in Montebelluna 2011)?

Non ! Par contre, pourquoi pas la Transvésubienne ou la Shimano Epic Enduro, des épreuves qui allient à la fois pilotage et endurance. Pourquoi pas la Mégavalanche de l’Alpe d’Huez non plus.

…avec ton frère Rémy au départ d’une Enduro World Series ?

Pourquoi pas mais l’Enduro s’est trop professionnalisé et ça roule trop vite maintenant pour que je puisse y briguer un quelconque résultat. J’irais donc pour me faire plaisir car c’est clairement devenu une affaire de spécialistes.

…dans une salle de réunion des Team Managers ?

Pas tout de suite. Je ne sais pas de quoi sera fait l’avenir mais je ne serai pas team manager tout de suite. Les voyages sont ce qu’il y a de plus contraignant dans notre métier de sportif de haut-niveau et j’ai envie de me poser un peu et de ne pas toujours être aux quatre coins du monde.

…dans une émission de télé-réalité ?

J’ai déjà eu des propositions, notamment pour le premier Koh-Lanta des célébrités mais ce n’est vraiment pas une bonne idée quand on est encore en activité… Peut-être un programme d’aventure mais c’est difficile de répondre maintenant.

…au Paris-Dakar ?

Pourquoi pas, j’aimerais bien. J’aime les sports automobiles et aimerais en faire plus une fois ma carrière terminée. Alors le trophée Andros ou tout autre événement auto : je suis partant !

…en politique ?

Je ne pense pas. Je m’intéresse à la politique mais je me suis toujours défendu d’en faire tant que j’étais en activité. Ce n’est pas un non catégorique mais je ne pense vraiment pas.

…travailler dans l’industrie du cycle ?

Pour l’industrie pourquoi pas mais pas dans un bureau ! (Rires)

 

Photos: Armin Kürstenbrück et Maxime Schmid / EGO Promotion et collection personnelle de Julien Absalon

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